Je pense sincèrement entendre ce mot trente fois par jour.
Mini Lagon ne fait absolument rien dans l’instant. Chaque demande. Chaque question. Chaque interaction.
« Attends. »
— Va mettre tes chaussures. — Attends.
— Brosse-toi les dents. — Attends.
— Tu peux juste avancer vers la voiture ? — Attends.
Attendre quoi exactement ?
Elle a 9 ans. Zéro réunion Zoom. Zéro dossier à finir. Zéro burn-out administratif. Et pourtant ? Elle agit comme une DRH en surcharge mentale depuis 1998.
Parce qu’apparemment, quand je demande un truc, elle est toujours au milieu de quelque chose :
- une crise existentielle sur le bon nombre de bracelets au poignet
- un drama interplanétaire avec sa meilleure copine depuis ce matin,
- une audition imaginaire pour la Star Academy
- ou une analyse très sérieuse de sa mèche qui ne doit être ni trop bouclée ni raide
À ce stade, ce n’est plus moi l’adulte. C’est moi qui attends sa disponibilité.
J’ai l’impression de vivre avec une consultante parisienne très demandée.
« Mini Lagon, tu peux mettre ton pyjama ? »
« Oui oui attends. »
Avec le ton exact d’une meuf qui gère trois startups et un divorce.
Le pire : le « oui oui ».
Ce « oui oui » mensonger. Ce « oui oui » qui ne sera suivi d’aucune action concrète avant minimum quatorze minutes. Le « oui oui » de quelqu’un qui n’a absolument aucune intention de bouger son corps.
Je comprends enfin ce que ressentait ma mère.
Et je tiens à lui présenter mes excuses officielles pour les années 1992 à 1998.
Journée 1 – Moi 0, mais on rejoue demain


Laisser un commentaire