Les enfants du lagon n’ont pas la même enfance que nous
Les enfants du lagon n’ont pas la même enfance que nous
Mini Motu a un anniversaire demain.
Sur un bateau. Dans le lagon.
Déjà, posons ça deux secondes. Parce que pour elle, c’est normal.
Comme si elle avait dit au McDo.
Puis elle me regarde, très sérieuse :
— Maman, qu’est-ce qu’on fait quand passe la journée sur un bateau ? Toi tu fais quoi?
Alors moi, je souris et je réponds : Bah… nous, les mamans, on trempe et on boit du rosé.
Elle me regarde avec la patience infinie que les enfants réservent aux adultes un peu limités.
— Non mais… quand toi tu étais enfant.
Ah.
Alors là, petit blanc.
Je la regarde et je lui explique doucement :
— Ma chérie… j’ai grandi en Seine-et-Marne. Donc les anniversaires sur un bateau…
comment dire…
C’était vraiment pas une opportunité fréquente.
Elle fronce les sourcils.
— Mais à quel âge tu as commencé à aller sur un bateau ?
Je réfléchis.
— À 30 ans par là
Silence.
Un silence qui contient beaucoup de choses :
de la compassion, du doute… et probablement l’idée que sa mère a eu une enfance très étrange.
Parce que moi, quand j’étais enfant les anniversaires c’était dans le salon pas dans le lagon ma fille!
Plus tard ado, nos grandes sorties c’était : aller au café avec les copines.
On commandait un noisette. Parce qu’un café entier c’était trop fort, et qu’une noisette c’était moins cher qu’un coca.
On restait là des heures à raconter nos vies.
Dans une atmosphère composée à 80 % de fumée de cigarette,
parce qu’à l’époque — incroyable mais vrai — les gens fumaient à l’intérieur.
Et nous on traînait.
On refaisait le monde.
Je vois bien qu’elle essaie d’imaginer cette enfance étrange où :
- il n’y avait ni bateau,
- ni lagon,
- ni masque & tuba prêt à partir à côté de la porte
Juste un noisette…
et des copines.
Puis elle conclut, très sérieusement :
— Bon… moi je préfère mon enfance.
Et franchement ?
Moi aussi.
Journée 1 – Moi 0 mais on rejoue demain


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