Cette année, j’ai vécu les Jeux olympiques d’hiver comme toute bonne résidente des îles…en t-shirt, pieds nus, café à la main, ventilateur en mode tempête tropicale.
Pendant que certains sortaient les moon boots, moi je sortais la clim et un plaid psychologique.
Parce que oui, même à Tahiti, on peut ressentir le froid.
Surtout quand on regarde des gens tomber dans la poudreuse à 7h du matin.
Mon rituel est devenu simple : faire semblant de ne pas voir Moorea, ignorer le lagon turquoise et rêver de sommets enneigés.
Une forme de déni climatique volontaire.
Et puis il y a eu ces nouvelles disciplines improbables, découvertes avec l’enthousiasme d’un enfant devant une fontaine à chocolat : le ski alpinisme.
Un sport où tu montes une montagne en peaux de phoque… pour avoir le droit de redescendre à fond.
Je suis persuadée qu’un jour, un groupe de potes réunis autour d’une raclette et d’un peu trop de génépi a lancé un “cap ou pas cap”… et que ça a fini aux JO.
Et ne parlons pas du skeleton : descendre une piste glacée la tête la première, à 3 cm de la glace et à 130 km/h.
Le sport inventé par quelqu’un qui a clairement perdu un pari.
Mais le vrai coup de cœur, celui qui m’a fait vibrer (et renverser mon café trois fois), c’est le biathlon.
Parce que cette discipline résume parfaitement la vie moderne : courir partout, être essoufflée, puis devoir se concentrer instantanément pour ne pas tout foirer.
Discipline clairement inventée par un parent en retard le matin.
Autant dire que je me suis reconnue.
Et le pire, c’est que ces idées improbables deviennent des sports d’élite, avec des athlètes surhumains qui donnent l’impression que tout cela est parfaitement logique.
Mais finalement, ces disciplines racontent quelque chose de beau : la capacité humaine à transformer une idée absurde en défi, un défi en sport, et un sport en moment de grâce.
Et comme toute bonne Française, j’ai surtout découvert une vérité universelle :
on est modérément patriote… jusqu’à ce qu’on gagne.
Là, soudain, on connaît le prénom du cousin de la cousine de l’athlète et on chante la Marseillaise en savates.
Ces JO m’ont rappelé une chose essentielle : on peut vivre sous les tropiques, aimer le sable chaud, mais garder une passion intacte pour la neige, l’effort et ces moments suspendus où tout se joue en quelques secondes.
Alors chaque matin, entre deux rayons de soleil et un gecko qui me juge sur le mur, j’ai voyagé.
Direction les montagnes, les pistes, le froid qui pique les joues et la magie du sport qui rassemble.
Et finalement, j’ai compris que peu importe le décor : lagon ou glacier, savates ou skis, chaleur ou blizzard…on a tous besoin de ces petits moments à soi où l’on rêve d’ailleurs.
Moi, c’était les JO d’hiver.
Avec un café.
Et zéro bonnet.
Journée 1- Enneigement 0 mais on rejoue demain


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