J’essayais d’expliquer à Mini Lagon ce qui était différent entre mon enfance et la sienne. Tu sais, ces petites choses qui sonnaient comme la modernité… de l’époque.
- Le carillon du marchand de glace & bonbons qu’on entendait trois rues plus loin et qui nous faisait sprinter comme si notre vie en dépendait pour acheter un cornet ou un sachet de pipasol
- Le Minitel qui tentait de se connecter pour afficher les résultats des concours — et moi qui retenais mon souffle à chaque bip-bip.
- Le téléphone portable qui annonçait un appel entrant en faisant grésiller les haut-parleurs de l’ordinateur.
- MSN, Caramail…
- Mon premier Atari, avec des pixels gros comme des briques.
- La Game Boy avec Tetris — le combo gagnant des positions impossibles et du stress gratuit.
- Le serpent sur mon Nokia 3210, mon Candy Crush avant l’heure.
- Mon téléphone à clapet avec le générique de 24h Chrono en sonnerie — j’avais l’impression d’être Jack Bauer, sans les terroristes ni le cardio.
- Les premiers boys et girls bands : Backstreet Boys, Spice Girls, Take That…
- Le grunge avec Nirvana, parce qu’il fallait bien un moment “révolte poétique”.
- Friends, Le Prince de Bel-Air, Melrose Place et sous le soleil… nos baby-sitters de l’époque
- Les cassettes où tu enregistrais tes tubes préférés à la radio… en priant pour que l’animateur ne parle pas sur l’intro (spoiler : il parlait toujours).
Et elle, elle a…
… Netflix, Spotify, un portable plus puissant que la station MIR, une montre connectée qui compte ses pas mieux que moi mes calories, des dessins animés disponibles en 14 langues, des vidéos qui se lancent toutes seules et un avis sur tout grâce à trois tutos TikTok ou des docus youtube.
Je l’ai regardée. Elle m’a regardée.
— “Maman… tu vivais au moyen âge ?”
— “Non, ma chérie. On appelait ça… les années 90.”
Elle a eu un moment de silence. Puis :
— “Wahou. Et y’avait pas de Wi-Fi ou d’Ipad?”
Oui, Mini Lagon. Sans Wi-Fi, sans AirDrop, sans filtres.
Juste avec des cassettes, des posters de Robbie sur les murs… et beaucoup, beaucoup d’imagination.
Journée 1 – Moi 0 mais on rejoue demain


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