MISSION N°35 – MA MADELEINE DE PROUST

Chez moi, ma madeleine de Proust, c’est le carillon du camion de glace du dimanche après-midi.
Celui qui sonnait la fin de Chips… ou plus tard de Walker, Texas Ranger, après le sacro-saint poulet-frites dominical.

L’après-midi, on sortait les rollers avec les voisins dans le lotissement.
Ou les vélos. Et tout ça, sans casque. (Parenthèse : pareil au ski.)

Le dimanche soir, souvent, à la maison c’était plateau petit-déj devant la télé en famille.


Pas de téléphone portable.
On allait sonner chez les copains pour leur parler.
Et quand on appelait de chez soi, fallait faire tourner l’interminable cadran du téléphone fixe.

Pas de siège auto non plus.
Ma grand-mère jouait avec moi en fumant ses Gauloises.

Et maintenant ?
Je mets dix minutes à équiper Mini Motu pour aller faire du roller chez ses copines. Casque, genouillères, gants, GPS presque… Moi, à son âge, j’avais juste mes genoux, ma témérité… et du Mercurochrome (oui, tu sais, le truc désormais interdit)

Et pourtant, nous, on a survécu. Sans casque, sans bio et sans application de méditation.

Alors oui, on est d’accord, c’est mieux que Mamie ne vapote pas à côté du bébé.
Mais c’était pas mieux avant quand même?  C’était juste… plus simple en tous cas!

Aujourd’hui, ce trop-plein de technologies me fait peur.
Avant, les gens faisaient l’effort de se parler en vrai.
Sans filtre Insta.
Sans Snap.
Sans faux profils.

Maintenant on fait attention à tout : manger bio, on scanne le nutri score de ce qu’on met dans le caddie, on est bienveillant car faut laisser les enfants s’épanouir à leur rythme mais pas trop quand même attention, sinon t’en fait des tyrans insupportables.

Quitte à faire ma vieille, je le dis : grandir sans Wi-Fi, c’était une chance. Et on n’avait même pas besoin d’avoir un mot de passe (avec douze lettres, une majuscule, trois hiéroglyphes et la date de naissance de ta prof de maths de CE2).

Journée 1-moi 0 mais on rejoue demain

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Maman lagon et Mini Motu

Je suis Maman lagon et ma vie tourne autour de Mini Motu , mon petit ilôt de 8 ans. Entre tempêtes tropicales et brise lagonaire bienvenue dans mon archipel.

J’élève (avec bcp d’amour et de café) Mini Motu à Tahiti (d’où les parallèles avec les eaux turquoise du fenua que vous comprenez désormais!). Je sais, ça fait rêver les gens sauf que même au paradis une maman Solo jongle entre les devoirs, les poux et l’école qui commence bcp trop tôt. Un agenda trop plein, une mémoire au max de sa capacité et un humour qui me sauve toujours.