Aujourd’hui, « on » m’a dit — et quand je dis on, comprenez « quelqu’un du corps médical », avec la voix douce et pleine de compassion qui va bien — :
« Il faut prendre du temps pour vous… et moins stresser. Allez marcher, nager… vous ressourcer, profiter. »
Et là, j’ai hésité. Rire ou pleurer ? Mon cœur balance encore.
J’ai donc précisé, poliment, que j’avais un travail à temps plein, une enfant de 8 ans en garde solo exclusive, et qu’accessoirement, nous vivions dans un pays où le soleil fait grève dès 18h.
Autant dire que pour la nage en plein air ou la balade bucolique après la journée de boulot, on repassera.
Mais je suis joueuse. Quelqu’un m’a soufflé : « Essaie la méditation ».
Parfait. Téléphone en main, podcasts téléchargés, écouteurs vissés dans les oreilles… c’est parti.
Première voix : un mélange entre la fée clochette sous hélium et une craie sur un tableau noir.
Impossible. Next.
Deuxième tentative : un type, voix grave, presque zen. Je m’installe.
On inspire en gonflant le ventre… on expire en le rentrant… encore… et encore…
Et au bout du dixième cycle, j’ai déjà :
- refait ma liste de courses,
- calé le planning des lessives,
- pensé à racheter des croquettes pour le chien,
- maudit le lave-vaisselle qui a fini de tourner et qu’il faut vider .
Résultat ? Zéro détente.
Juste un cœur qui bat un peu plus vite et une furieuse envie de me lever pour… faire quelque chose d’utile.
Bref. Respirez, Madame, respirez.
Oui, bien sûr. Mais moi me détendre ça m’éneeeerve
« Journée 1-moi 0 mais on rejoue demain »


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