À une époque pas si lointaine (quand mes seins étaient encore solidaires et que je dormais plus de 6 heures d’affilée), courir était mon sas de décompression. Mon moment à moi, pour faire défiler les kilomètres comme on fait le vide. Un mental d’acier, une playlist dans les oreilles, et l’illusion d’être une guerrière.
Mais ça, c’était avant. Avant Mini Motu, avant le périnée en grève, avant les vingt kilos hérités d’un mélange subtil de maternité, fatigue chronique, et stress mal géré.
Aujourd’hui, mon “footing” ressemble à une tentative de sauvetage post-apocalyptique :
- Je gaine tout ce qui peut l’être, histoire d’éviter la fuite au premier trot.
- Je traîne avec courage mon corps version “post-quarantaine légèrement ramolli”.
- J’ai le souffle d’une asthmatique au sommet de l’Everest, sans oxygène
- Et pourtant, je pars. Je me motive. Parce que j’ai des bonnes intentions plein les baskets.
Alors oui, parfois, je suis limite de me faire doubler par une mamie avec un déambulateur. Et il arrive que je m’arrête au bout de 400 mètres pour « admirer le paysage » Mais j’y vais.
Tellement motivée, j’ai dit oui à une copine pour faire toutes les courses et raids de la planète. Sauf que la copine est méga fit, fait 30 kilos de moins, est toujours enthousiaste, et m’encourage avec détermination.
Elle m’attend, elle sourit, elle me tire littéralement vers le haut (spoiler : on parle d’une montagne).
J’ai donc naïvement accepté de participer à une course en côte.
Une vraie. Avec du dénivelé, des gens qui ocurent aussi vite que sur du plat par 400m de dénivelé positif, et moi au milieu, qui croyais qu’on allait juste marcher quoi.
C’est l’ascension du doute. Je crois que j’ai failli mourir au centième mètre de montée. Mon périnée gémissait déjà en silence, mon cardio battait à la porte de l’au-delà, et ma dignité commençait à sérieusement envisager de me planter là.
La nuit tombait, le staff sécurité priait pour que j’abandonne, histoire de rentrer mais ils savaient pas que même au bout du bout j’abandonne jamais. A genoux je finirai, mais je finirai!
Et puis la descente est arrivée. Je me suis dit “allez, c’est parti”.
Erreur. Monumentale.
J’ai tenté de trottiner. Mon périnée a rendu l’âme dans un dernier souffle, et ma dignité, elle, est probablement toujours allongée quelque part entre le 4e et le 5e kilomètre, en train de faire du bouche-à-bouche à mon ego.
Je suis arrivée dernière. DER-NIÈRE. Pour la première fois de ma vie, j’ai vu les organisateurs qui m’attendaient un peu désabusés, mais les participants pleins de solidarité m’ont applaudie… Entre désespoir, fierté et honte jusqu’au plus profond de mon âme, j’ai longtemps hésité!
Mais tu sais quoi ?
Je suis arrivée. Et rien que pour ça, je me suis auto-serrée dans mes bras ce soir-là. (En évitant de tousser.)
« Journée 1-Périnée 0 mais on marchera demain »


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